Marcel Python, la mémoire de la FSJ

Nombreux sont les pratiquants de Judo ou de Ju Jitsu qui ont rencontré Marcel Python, ici ou là lors d’un examen Dan ou d’un cours technique. Il vient de fêter ses 80 ans et le Comité du Judo Kwai Lausanne profite de cet événement pour dresser un portrait du personnage qui ne peut laisser indifférent.

Article paru dans la revue DOJO 04.09

mpy80Marcel Python a commencé à pratiquer le Judo et le Ju Jitsu en 1950. A cette époque les entraînements se déroulaient souvent sur des tatamis de fortune et les structures dont nous disposons actuellement n’étaient même pas de l’ordre du rêve des pratiquants. Seuls l’envie de progresser, l’engagement d’une poignée de passionnés, l’acharnement diront certains, motivaient les convaincus du moment. Pour profiter de l’enseignement des rares spécialistes, il fallait se déplacer, loin de sa région et bien souvent aller à l’étranger. Les passages de Dan se déroulaient en France car la Suisse ne disposait pas encore des structures nécessaires à l’évaluation de tels examens. C’est ainsi que Marcel Python passa avec succès en 1955 un premier Dan de Judo qui fût remis par un certain Mikinosuke Kawaishi. Dans l’article du Dojo 01/2007 où l’on voit sa carte du Collège National des Ceintures Noires remise à l’occasion, outre la signature de Kawaishi Sensei, ce qui frappe c’est le numéro d’enregistrement de la carte : « 37E ».

Très rapidement Marcel Python comprend la nécessité de rassembler les bonnes volontés et il œuvre dès 1951 pour le développement et la promotion du Judo et du Ju Jitsu au niveau Suisse.
Membre de l’équipe nationale il participe à plusieurs tournois internationaux aux cours desquels il croise ou combat les Bernard Pariset, Henri Courtine et autres Jean de Hert.
En 1953, il prend part à la création du Judo Kwai Lausanne. Il ne se borne pas à l’étude du Judo et du Ju Jitsu mais complète sa formation en suivant des enseignements dans d’autres arts martiaux et sports de combats que sont le karaté, l’aïkido, la lutte et la self-défense.

L’enseignant et l’organisateur

Pendant sa carrière professionnelle au sein de la Gendarmerie Vaudoise, il dirige de nombreux cours de Judo, de Ju Jitsu et de self-défense pour des écoles de formation des polices municipales  et cantonales ou au sein des associations d’officiers et de sous-officiers militaires. Grâce à son expérience il participera à la rédaction de plusieurs brochures et articles, notamment le manuel élémentaire de self-défense pour le personnel de Police. A cette époque la renommée des clefs de bras de Marcel Python était telle que ses supérieurs n’hésitaient pas à l’envoyer en première ligne pour rattraper des situations délicates.
En 1973 il est responsable technique de l’organisation des championnats du monde de Judo et, en 1975, collabore à l’organisation des championnats du monde de lutte libre à Lausanne.
Marcel Python a également participé aux hautes fonctions du comité directeur de la Fédération Suisse de Judo & Ju Jitsu, notamment comme chef du département Dan. Il a été élu Vice Président de notre Fédération, poste qu’il a occupé jusqu’en 2008. Homme de conviction il prend en charge de nombreux dossiers douloureux que toute organisation telle que la nôtre est fatalement amenée à traiter. A l’heure des décisions difficiles qu’il prend et assume, c’est toujours le bien de la Fédération qui guide son choix. Homme de proposition il est toujours de ceux qui apportent leur lumière pour guider les autres dans la mise en place d’un règlement de compétition ou un texte officiel pour les examens Dan.
La Fédération Suisse a salué son action en le nommant membre d’honneur et en lui décernant les 8ème Dan de Judo et de Ju Jitsu, respectivement en 2005 et 2007.

La tradition et le modernisme

Effectivement Marcel Python est une encyclopédie dans les deux domaines que sont le Judo et le Ju Jitsu. Toutefois, il n’est pas ce genre de livres qui prennent la poussière sur une étagère dans une bibliothèque désertée. Si Marcel reste une référence pour l’enseignement des techniques en général et des katas notamment, il aime comprendre les nouveautés qui fleurissent dans d’autres disciplines. Cette curiosité n’est pas animée par une envie de suivre la mode du moment mais simplement d’intégrer des propositions récentes et pertinentes qui dynamisent son enseignement. Un ancien adage dit « On commence à vieillir quand on finit d’apprendre » et c’est dans ce sens que Marcel Python est immunisé contre le temps qui passe. Nous lui souhaitons un joyeux anniversaire et espérons recevoir ses conseils et partager son amitié encore pendant de nombreuses années.
Le Comité du Judo Kwai Lausanne
 

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